Extrait du courrier adressé le 22/11/2013

par notre syndicat au PDG du Groupe Proxiserve

Monsieur le Président,

 

Les derniers évènements nous incitent à prendre la plume et tenter si cela est encore possible d'éviter une crise profonde entre notre syndicat et la direction générale, crise qui serait à n'en pas douter dommageable pour l'entreprise et ses salariés.

 

Les évènements qui ont précipité cette crise sont mineurs mais révélateurs de divergences plus profondes qui se sont installées au fil des mois. Enfin, cette lettre, monsieur le Président, n'a pas pour but de vous convaincre du bien-fondé de nos positions mais de les clarifier et de les affirmer sans que des intermédiaires ne les dénaturent.

 

Ceci étant dit, revenons-en aux fondamentaux dissimulés derrière toute cette agitation. Rappelons au passage les nombreux accords que nous avons signés ensemble, bénéfiques pour les salariés et l'entreprise, nous pensions alors qu'ils n'étaient qu'une étape avant de s'engager plus avant dans d'autres réformes indispensables.

 

Depuis plus rien et tout est prétexte pour repousser ces négociations sans plus d'explications. Comment croire, que vous êtes engagé pour de nombreuses années dans le développement du groupe Proxiserve alors que toutes les négociations fondamentales sont systématiquement éludées.

 

Pourtant, dans un courrier du 18 septembre 2008, vous informiez le personnel de votre nomination en tant que Président Directeur Général et vous précisiez déjà quelques thèmes pour lesquels vous souhaitiez débattre avec les organisations syndicales.

 

Parmi ces thèmes, quatre et non des moindres sont restés lettre morte : les classifications, la formation, les risques liés à nos métiers et le retour à une seule entité par la fusion des sociétés Proxiserve et Proxitherm.

 

Les classifications sont essentielles, elles permettent aux collaborateurs de se positionner, de valoriser leurs acquis et offrent à l'entreprise la maitrise des véritables ressources dont elle dispose, et permettent de dispenser une formation ajustée aux besoins.

 

Quand à la formation, chacun le sait, elle est indispensable dans nos métiers, elle préfigure le positionnement commercial de l'entreprise par rapport aux concurrents "low-cost", sécurise nos interventions et permet de répondre aux normes qui évoluent sans cesse face à une clientèle soucieuse de sa sécurité.

 

A ce jour, il n'existe plus de responsable de la formation et quant à la politique de l'entreprise en ce domaine, plus de présentation ou d'information au-delà de 2011, comme le préconise le code du travail. Pour votre information, monsieur le Président, notre principale concurrent consacre un budget trois fois plus important que le nôtre à la formation.

 

Autre thème, ô combien important, la sécurité dans nos métiers. En 2010, dans une note de service, vous annonciez un renforcement des équipes dédiées à la sécurité. Que reste-t-il aujourd'hui de ces dispositions ? Les correspondants sécurité ont fini par se tourner vers d'autres tâches, la responsable sécurité du groupe a été remerciée sans être remplacée, et les taux de fréquence des accidents du travail sont toujours au plus haut.

 

Seuls les élus des C.H.S.CT sont restés en première ligne, contre vents et marées, pour contenir ce fléau. Bien que bénéfique, il faut le reconnaitre, la formation de plusieurs semaines mise en place par la DRH et dispensée aux secrétaires des C.H.S.C.T ne suffit pas sans un engagement réel des responsables de l'entreprise.

 

Les techniciens du groupe Proxiserve exercent leur métier dans un contexte de pression constante. Ils doivent se déplacer beaucoup, par tous les temps, honorer seuls les objectifs fixés par l'entreprise, satisfaire le client et souvent aussi subir ses reproches. En cas de problème ou d'accident, c'est le salarié qui trinque et qui perd son emploi, voir plus grave, qui se retrouve seul devant les tribunaux. L'entreprise se préoccupant avant tout de minimiser ses responsabilités.

 

Et les conséquences d'un accident peuvent être gravissimes et mortels. Accident de voiture, intoxications collectives au monoxyde de carbone (CO) à cause une chaudière défaillante, chute lors d'un travail en hauteur, choc électrique, etc....

 

Il faut un temps nécessaire et une formation continuelle pour faire ces travaux correctement. Ceux qui parmi nous ont suffisamment d'ancienneté ou d'expérience savent estimer les risques mais de nombreux salariés dans l'entreprise n'ont pas cette expérience, notamment les plus jeunes à qui on laisse supposer qu'il n'y a pas de danger, qu'ils peuvent faire confiance au responsable d'équipe ou d'agence alors qu'il faudrait qu'ils gardent à l'esprit qu'ils évoluent dans un environnement dangereux permanent.

 

Aujourd'hui, nous assistons à une surenchère de communication sur la sécurité de la part des directions régionales, communication en totale contradiction avec les moyens et rythmes de travail imposés aux salariés. Pour être clair, nos modes de fonctionnement actuels ne permettent pas de continuer à augmenter la charge de travail sans accroître les risques. Il en va de la vie des personnels de l'entreprise et de nos clients.

 

Sur ce point, nous vous demandons d'intervenir, monsieur le Président, pour mettre un terme à ce discours irresponsable entendu dans votre entourage, discours qui consiste à laisser penser que les salariés travaillent à mi-temps et sont pour la plupart des fainéants. Les employés, techniciens et chefs d'exploitation sont affectés par ces affirmations infondées et particulièrement injustes.

 

Quoi qu'il en soit et sachant qu'il est illusoire de prétendre à une amélioration rapide des conditions de travail et des accidents de travail, nous avons proposé la mise en place d'une assistante sociale au sein du groupe.

 

Ce poste pourrait être cofinancé. Il permettrait d'accompagner les salariés en difficulté dans l'accomplissement des démarches administratives, de faire le lien entre ces salariés et les services administratifs de l'entreprise, la sécurité sociale, l'AG2R, les services d'état ou de région et les institutions représentatives telles que le C.H.S.C.T ou Comité d'entreprise.

 

Il concernerait notamment les personnes durement touchées par des arrêts de travail "longue durée".

 

Pour ce qui concerne la fusion des entités Proxiserve et Proxitherm, elle devait intervenir début 2012 puis fut sans cesse repoussée pour des "raisons fiscales". Aujourd'hui, nous savons que cet argument n'était valable que pour quelques années et n'a plus lieu d'être. Nous attendons avec les salariés une position claire de votre part si cette fusion n'est plus d'actualité.

 

Abordons si vous le voulez bien, monsieur le Président, le registre des rémunérations. Le seul sujet qui devrait nous amener de temps à autre à une confrontation. Les intérêts des salariés et des actionnaires divergent naturellement. Pour ce qui concerne les salaires, nous restons très vigilants à ce que l'entreprise, avec le temps, ne soit pas tenter de récupérer en quelques années l'indispensable que procure aux salariés le 13ème mois et restons attentifs à ce que l'entreprise ne revienne pas à une politique de très bas salaires.

 

La première incompréhension pour notre part est due à la présentation en N.A.O d'un projet de primes de performances, projet d'autant plus surprenant qu'il faisait suite à l'échec, pour la majorité du personnel, du versement de l'intéressement. 

 

Sur ce point, nous pensons toujours aujourd'hui qu'il est préférable d'octroyer un budget aux chefs d'agence pour leur permettre de rééquilibrer les salaires, en fonction de l'expérience et des acquis.

 

Nous avons indiqué à votre représentant lors de la dernière rencontre qu'il ne devait pas être difficile de trouver un accord, qu'il suffisait de réduire l'enveloppe de ces primes et d'augmenter de façon plus significative les plus bas salaires (moins de 1800 euros de base). Impossible, nous a-t-on rétorqué en nous renvoyant sans cesse à l'indice INSEE comme argumentaire.

 

Devant cet immobilisme et cette indifférence concernant tous les points listés plus haut, notre syndicat, suivi d'autres organisations, a décidé d'utiliser la seule voie possible dans ce cas pour se faire entendre : l'arrêt de travail.

 

Il va sans dire que nous avons volontairement indiqué longtemps à l'avance cette journée d'expression collective du 22 novembre 2013 pour permettre aux dirigeants de l'entreprise de nous recevoir pour élaborer très vite un calendrier pour engager enfin ces négociations. A ce jour, hormis des regards noirs et agressifs de certains responsables, aucune réponse constructive en ce sens.

 

Monsieur le Président, nous appartenons à un syndicat fort, celui de la CGT Construction. Nous sommes des personnes réfléchies, contrairement aux inepties que véhiculent nos détracteurs. Les actions que nous menons servent avant tout les intérêts des salariés et nous sommes conscients que la bonne santé de l'entreprise est indispensable.

 

Et si la présence d'un syndicat actif pose problème à votre entourage, nous l'assumons, par contre nous n'accepterons jamais d'être domestiqués et de tourner la tête face aux difficultés de nos collègues.

 

Nous restons à votre disposition pour tout rendez-vous à votre convenance et vous prions d'agréer, monsieur le Président, nos salutations distinguées.

 

Pour le syndicat

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 AU 01/01/2018 00h00